Visite d’une parcelle ayant bénéficié du dispositif Reconquête agricole et maintien des espaces agricoles ouverts

Ce 28 janvier, le GAEC de la ferme des petites roches a accueilli une matinée d’information sur ses parcelles, qui ont bénéficié du dispositif d’aide de la Communauté de Communes Le Grésivaudan et d’une visite-conseil de l’ADDEAR.

– les porteurs de projet intéressés par cette aide en 2025 ont pu poser toutes leurs questions administratives et techniques,

– un focus spécifique sur les autorisations environnementales liées aux projets de reconquête a été apporté par la Chambre d’Agriculture de l’Isère,

– les agriculteurs ayant bénéficié de l’aide les années précédentes ont pu rendre compte de leurs résultats.

L’animation technique assurée par l’ADDEAR a permis de base d’échanges et de retour d’expérience.

 

HISTORIQUE

Ce projet de réouverture a démarré sur des parcelles refermées par des ronciers, des bouleaux, du petit taillis…

TRAVAUX

Deux passages de broyeur ont été réalisés par les associés. Pour les endroits plus pentus, ils ne trouvent pour l’instant pas d’entreprise capable de le faire dans le budget imparti, ce qui est préoccupant.

REENSEMENCEMENT

La prairie n’a pas été réensemencée car elle a bien repris d’elle-même.

VALORISATION

Depuis le broyage, la parcelle est valorisée uniquement par le pâturage des chèvres et ne se referme pas : les petites pousses de ronciers étant particulièrement appétentes pour les chèvres... quand elles leur sont présentées au bon moment ! En effet le GAEC constate même un certain piétinement/désintéressement de la belle herbe fraîche pour aller trouver et consommer les ligneux en croissance.

ENTRETIEN 

Uniquement par le pâturage des chèvres.

 

Grâce à l’expérience de l’ADDEAR nous avons repris les différents facteurs interdépendants qui interviennent dans le maintien des milieux ouverts : 

  • les différents types de végétation en présence : les observer, les connaître…
  • les animaux à disposition : identifier leur capacité et leur envie à consommer les différentes végétations, identifier leur complémentarité…
  • les pratiques : jongler entre calendrier de pâturage, nombre d’animaux par parc, taille du parc, positionnement du sel, intervention mécanisée spécifique…

Cependant, certains agriculteurs présents, convaincus par la méthode, ont remis question l’interférence avec d’autres facteurs :

– les aléas : l’année 2024, avec un été très pluvieux favorable à la pousse de l’herbe et des ligneux, a été particulièrement difficile pour le maintien des espaces ouverts par le pâturage,

– la spécificité du système laitier : en effet, lorsque l’on pousse les animaux à consommer les ligneux et la broussaille, en les parquant par exemple, les pertes de lait occasionnées par la variation de la ration peuvent arriver rapidement et être plus impactantes économiquement que le coût d’un broyage,

– le regard de certains propriétaires fonciers ou voisins : une zone de ronciers, même petite et consommée par les animaux, donne un aspect « pas propre » à leurs yeux, il y a beaucoup d’éducation à faire et les agriculteurs ne peuvent endosser cette mission sans être en porte-à-faux.

 

La stratégie doit être testée et questionnée tout au long de la vie de la ferme au vu de ses objectifs prioritaires, et le maintien des espaces agricoles ouverts et productifs doit être un enjeu compris et partagé du grand public.