Visite de l’abattoir de Grenoble

L’abattoir de Grenoble (dit Abag) situé au Fontanil-Cornillon organise régulièrement des visites destinées au grand public. Marion, administratrice de l’ADABEL, et Elodie se sont rendues à l’une de ces visites cet hiver. 

N’hésitez pas, vous aussi, à aller visiter cet outil essentiel au maintien de l’élevage sur notre territoire.

 

L’abattoir de Grenoble en quelques lignes

En 1806, les abattoirs (parisiens, au départ) étaient créés et gérés par le Ministère de l’Intérieur pour des raisons de santé publique (hygiène humaine, environnement) et de bien-être animal (ou plutôt, à cette époque, de soucis de faits de cruauté). Aujourd’hui, la création d’un abattoir relève d’une compétence facultative d’intérêt économique local pour les collectivités, mais une poignée de collectivités iséroises (Département de l’Isère, Métropole de Grenoble, Pays Voironnais, Grésivaudan et Massif du Vercors) ont décidé d’investir dans l’Abag. Cet outil est le plus gros abattoir d’Isère, pouvant gérer jusqu’à 2500 tonnes de viande multi-espèce par an, contre environ 500 tonnes pour celui de La Mure et 70 pour celui de Bourg d’Oisans (le plus petit de France). Une chance inestimable puisque depuis 2023 un abattoir par mois ferme en France et plusieurs départements français n’ont plus d’abattoir !

L’Abag fonctionne grâce à 25 salarié·es. Il compte presque 1000 clients dont 800 fermes. L’Abag ne fait pas de commerce de viande, il délivre une prestation au service des éleveurs (et bouchers) du territoire qui peuvent ainsi vendre leur viande en circuit-court après abattage (et éventuellement découpe) par l’abattoir. Sans abattoir de proximité, les éleveurs devraient se tourner vers des abattoirs industriels, la plupart du temps sans possibilité de récupérer la viande afin de la vendre soi-même puisque ce sont des outils faisant des économies d’échelle et dont les flux sont alors très optimisés et donc peu flexibles. Pour l’Abag, l’ambition est plutôt de répondre aux attentes des éleveurs : par exemple, depuis quelques années, l’Abag propose une prestation de hâchage (la viande hâchée représentant désormais 50% de la consommation de viande en France) et un projet est en cours pour doter l’Abag d’une unité de surgélation pour réaliser des steaks hâchés surgelés à l’avenir. Plusieurs autres investissements sont en cours de réflexion avec l’ambition d’améliorer le bien-être des salariés mais aussi celui des animaux.

 

La question de Marion : « et l’abattage à la ferme dans tout ça ? »

Le Président de l’Abag, lui-même éleveur dans le Vercors, a évoqué plusieurs contraintes liées à l’abattage à la ferme : 

– l’Abag n’est pour l’instant pas équipé pour cela (pas de cage mobile d’orientation de l’animal pour étourdissement, pas de caisson étanche avec grue de chargement de l’animal saigné, pas d’équipe salariée mobile),

– réglementairement, il faut moins de 2h entre le contrôle vétérinaire ante-mortem et le travail de la bête saignée à l’abattoir, ce qui nécessite une très grande organisation et une coordination sans faille entre l’équipe mobile et l’abattoir,

– un endroit sur la ferme doit être clairement identifié pour cela (éloigné du reste du troupeau),

– enfin, cela pose des questions de partage de responsabilité entre la ferme et l’abattoir et d’augmentation des risques (matériels, hygiène…),

– et tout cela serait générateur de surcoût.

Marion a tout de même demandé au Président d’étudier le projet : c’est l’avantage d’avoir un outil au service des éleveurs !