Information sur la prédation et la protection des troupeaux pour les usagers de Belledonne

Début juin Espace Belledonne, la Fédération des alpages de l’Isère (FAI) et l’Institut de l’élevage (Idele) ont organisé une formation sur la prédation, les mesures de protection des troupeaux qui en découlent et les comportements appropriés à promouvoir.

 

Le troupeau et les chiens de protection de la Bergerie du plan (située sur la commune du Haut-Breda) ont accueilli cette formation théorique et pratique dispensée aux personnes en lien avec les usagers du territoires : élus, techniciens des balcons de Belledonne, salariés des offices de tourisme, organisateurs de trails. 

 

Le département de l’Isère est précurseur dans cette démarche informative car, territoire pastoral historique, il accueille aujourd’hui de nombreuses activités récréatives de plein air ayant de plus en plus d’adeptes, très souvent citadins, éloignés des questions rurales, agricoles et pastorales.  

 
 

La FAI et l’Idele sont intervenus de manière complémentaire entre éléments de contexte et éléments techniques.

En France, le loup est réapparu dans les années 2000, cela faisait 200 ans que les grands ruminants d’élevage n’avaient plus de prédateur. Mais la prédation lupine a occasionné une transformation profonde de l’activité d’éleveur depuis seulement quelques années et l’intensification de la pression de la prédation. Les éleveurs ont 3 leviers pour faire face à cette prédation :

 · les clôtures en filets électrifiés (comme sur la photo),

 · la surveillance du troupeau par une présence humaine (aide-berger)

 · et la mise en place permanente de chiens de protection des troupeaux.

Des aides publiques peuvent concourir à ces 3 postes de dépenses. Cependant l’impact psychologique sur l’éleveur et le stress sur les bêtes, difficilement mesurables, ne sont pas pris en compte.

Le chien de protection des troupeaux est donc un des moyens pour que l’élevage local puisse résister à la prédation par le loup. L’éleveur choisit un chien de protection pour sa capacité à dissuader les prédateurs ainsi que sa loyauté envers le troupeau, mais ces chiens sont aussi sélectionnés pour ne pas être dangereux auprès des humains. Ainsi, les situations problématiques sont remontées aux services de l’Etat via ce questionnaire. Mais étant donné le volume de gens qui utilisent les alpages isérois lorsque des troupeaux sont en estive, la proportion de situations problématiques est, fort heureusement, très faible. Même s’il n’est pas agréable à vivre, il faut savoir distinguer un comportement menaçant de la part d’un patou, d’une réelle agression. Le comportement menaçant vise à dissuader d’attaquer le troupeau. Lorsque le chien aboie arrêtez-vous systématiquement. Laissez-le vous identifier, laissez-le vous renifler, sans initiative (pas de geste brusque, ni d’assimilation à un « bon toutou », un chien de protection n’est pas éduqué pour recevoir les faveurs des humains). Vous pouvez continuer votre chemin tranquillement en évitant le troupeau dès que le chien est passé à autre chose (tête tournée, reniflement à terre…). Ceci est une rencontre normale entre un chien de protection et une personne : tel un contrôle de police, vous pouvez vous sentir heurté, mais en réalité une fois que le chien aura constaté que vous n’avez pas de mauvaise intention, il n’y aura pas de problème.

Vous pouvez retrouver toutes les informations liées à la prédation et aux chiens de troupeau sur le site « pasto-kezako » : https://www.pasto-kezako.fr/comprendre-la-predation/

Et si après ces lectures, vous êtes toujours soucieux de croiser des chiens de protection lors de votre prochaine balade, consultez la carte de la présence probable de chiens de protection des troupeaux et évitez les zones concernées : https://www.pasto-kezako.fr/ou-sont-les-chiens-de-protection-2/

La FAI a conclu le journée sur le fait que les rencontres avec les chiens de protection des troupeaux n’est que la face émergée de l’iceberg du partage de l’espace en montagne car les berger·es sont confronté·es à de nombreux autres problèmes ou incivilités non liés à la prédation : 

 · présence de déjections humaines (ou autres déchets) aux alentours des cabanes nécessitant un important nettoyage de début de saison 

 · souillure des abreuvoirs, notamment à cause de la crème solaire

 · sortie des animaux à cause de barrières mal refermées

 · …

Été comme hiver, pensons à tous les usagers de la montagne pour continuer de bien vivre ensemble !