Cessation de son activité agricole, retraite agricole, transmission de son exploitation, arrivée d’un nouvel associé, reprise de parts sociales… des moments importants dans une carrière agricole.

Derrière l’expression « transmission agricole » se cachent beaucoup de questions :

– à quelle retraite agricole ai-je droit ?

– que puis-je garder ? que suis-je prêt à lâcher ?

– comment trouver un repreneur ?

– comment faciliter une installation tout en optimisant ma retraite ?

Comme toute évolution sur une ferme, la transmission est un projet de longue haleine, qu’il faut étudier, préparer, modifier, mûrir, adapter… qui demande beaucoup d’investissement personnel.

En 2023, la Communauté de Communes Le Grésivaudan a initié un groupe de travail sur la transmission agricole, où l’ADABEL est invitée. Tous les ans, à partir d’octobre, les chambres d’agriculture et leurs partenaires mettent la transmission agricole à l’honneur en proposant différents formats de rencontres et d’information. C’est dans ce cadre que l’ADDEAR et la chambre d’agriculture de l’Isère ont organisé une soirée décontractée sur le thème de la transmission : un cercle de parole dans un bar autour d’un verre et d’un mini buffet.

Chaque participant·e a été invité·e à exposer sa situation : où en est-il·elle dans sa réflexion ou son projet, quelles sont ses difficultés. Ensuite, Morgane Laurent, salariée de l’ADDEAR et animatrice de la soirée, a invité Nicole Ozenne à témoigner de son expérience de transmission qui avait été accompagnée par la Chambre d’Agriculture de l’Isère et la SAFER en 2019. C’est ce que l’on peut appeler une transmission réussie puisque Nicole est désormais retraitée et sa ferme continue de tourner grâce à une repreneuse, mais cela n’a pas été sans difficultés matérielles et sentimentales.

Les échanges se sont poursuivis pour révéler quelques éléments clé :

– Les fermes qui ont investi tout au long de leur vie représentent ensuite un investissement de départ très lourd lors d’une reprise : l’installation collective peut être pertinente mais nécessite alors une diversification d’activité pour créer plus de parts de revenus (et nécessite donc des investissements supplémentaires). Le logement des associés peut alors être très problématique.

– La libération du logement rend l’installation plus attractive mais cela peut représenter un déracinement très difficile à envisager pour les futur·es retraité·es.

– Trouver des repreneurs intéressés n’est pas aisé, cela demande d’être proactif. Puis la temporalité de leur projet peut être différente de celle attendue, leur projet de ferme peut être différent de la ferme actuelle… Il semble indispensable d’être ouvert aux propositions des repreneurs et de leur laisser du temps : les stage-tests et le dispositif « transmettre mon savoir-faire » peuvent permettre une meilleure projection pour le repreneur et une transition progressive pour le cédant.

Chaque cas est particulier et il n’existe aucune recette magique, si ce n’est d’y passer du temps. En agriculture, il est recommandé d’avoir commencé à penser à sa retraite sur les volets administratifs et pratiques dès 57 ans afin d’être prêt à 64 ans.

Des événements collectifs auront encore lieu sur le département en cette fin d’année (voir programme en bas de page).

Pour avancer sur votre projet personnel de transmission, il est possible de joindre, à tout moment de l’année :

– Marion Canaud, chargée de l’installation et la transmission sur notre secteur à la chambre d’agriculture de l’Isère : marion.canaud@isere.chambagri.fr

– Morgane Laurent, animatrice accompagnatrice installation et transmission à l’ADDEAR de l’Isère : contact@addear38.fr